La fatalité du chronomètre génétique
Sur un marché de Bagdad, un jeune, riche et joli vizir, croise une femme merveilleusement belle mais au regard vide, au visage livide. Bizarrement, elle le fixe, lui et lui seul au milieu de la foule bigarrée, avec une expression de grande surprise. Par une fulgurance de la pensée, notre vizir a l’évidence de son identité : c’est la Mort qui le dévisage. Terrorisé, notre homme saute sur son meilleur cheval et s'enfuit vers Samarkand pour s’y cacher. Aux portes de la ville, paisiblement alanguie sur des coussins de soie noire…la Mort l'y attend. « Enfin, te voilà, lui dit-elle. J’étais si étonnée de te rencontrer à Bagdad car nous avions rendez-vous à Samarkand ».
Ce conte philosophique, connu en occident sous le titre Le rendez-vous à Samarkand , est une œuvre du IXème siècle du Soufi (secte musulmane connue pour sa tolérance) Fudail ibn Ayad. C’est une belle allégorie du destin qu’on ne peut fuir, sa version moderne est « tout est écrit…dans les chromosomes ». Elle heurte la conception très occidentale du libre arbitre, soutenue par des phrases du type « si tu veux, tu peux » (en américain « yes, we can »).
Le chronomètre génétique du vieillissement déclenche la mort cellulaire programmée savamment nommée apoptose. La fatalité est le facteur de risque le plus probable.
Bagdad et la fatalité
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