Paul Broca est un génie. Mais il a pu se tromper de bonne foi. C’est lui qui trouve la 1ère zone du cerveau qui porte une fonction : le langage. C’est lui qui montre que Cro Magnon pratiquait la neurochirurgie sur des cranes trépanés dot l’os s’est reformé (donc le patient a vécu bien après). C’est lui qui fonde la 1ère Société d’anthropologie du monde. Son nom est gravé sur la Tour Eiffel.
Paul Broca, « Sur le volume et la forme du cerveau suivant les individus et suivant les races », dans le tome II des Bulletins de la Société d’anthropologie, séances du 21 mars et du 2 mai 1861, n’hésite pourtant pas à écrire : « L'inégalité intellectuelle des races est chose bien connue (...) tous les auteurs s'accordent à reconnaître que la région du crâne, considérée dans son ensemble, est plus volumineuse dans les races caucasiques que dans les races inférieures. (...) les cerveaux des races supérieures et des races inférieures sont assez inégaux pour que, malgré la variété des formes céphaliques, et malgré la diversité des procédés de mensuration extérieure, tous les auteurs aient trouvé la tête plus grosse chez les Caucasiens que chez les Mongols, chez les Mongols que chez les nègres d'Afrique. (…) les crânes des nègres océaniens paraissent aussi inférieurs en volume aux crânes des nègres d'Afrique, que ceux-ci le sont aux crânes des Européens. (...) Descendons maintenant au plus bas degré de l'échelle humaine, et en comparant la malheureuse race australienne aux races d'Europe (...) On voit que le nègre d'Afrique occupe, sous le rapport de la capacité crânienne, une situation à peu près moyenne entre l'Européen et l'Australien. Le crâne de l'Australien étant 100, celui du nègre d'Afrique est 111,60. Je pense que ces chiffres expriment assez exactement la hiérarchie intellectuelle des trois races. » Déduction stupide d’un travail intelligent.
Stephen Jay Gould dans La Mal-mesure de l'homme (1981) montre l’appropriation des idées de Broca, basées sur les seules techniques de mensuration des volumes crâniens, par les idéologues du racisme, une captation de la pensée d’un humaniste au profit d’une horreur. En effet, ses contemporains le décrivent comme « généreux, compatissant et gentil ». Broca n’avait aucune haine, il était plein d’empathie. Dès la fin des années 1850 il s’opposa au dévoiement de ses conceptions, se reniant d’ailleurs en partie, sacrifiant un peu de ce qu’il pensait être scientifique au profit de ce qu’il croyait être moral. Ainsi, en 1859, dans Recherches sur l’ethnologie de la France, pour contester Gobineau et le racisme de son « Essai sur l’inégalité des races », qui nie le principe égalitaire républicain auquel il adhère fermement, il verse dans une autre absurdité : définir différentes races françaises… et montrer un peu maladroitement qu’une race croisée, la nôtre, peut prospérer, et ainsi s’opposer aux Anglais et Allemands qui veulent déjà une race pure, prétendant que les métissages mènent à la stérilité (et à la décadence), hypothèse implicitement anti-française car notre beau pays voyait sa natalité décliner depuis 1790 au contraire de l’Europe du nord. On le voit, les racines du nazisme sont plus anciennes que ce qu’on pense. Et se basent sur des absurdités énoncées brillamment par des intellos et bêtement aux comptoirs des bistrots.
L'inégalités des races? Une idée stupide.
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